Présentation
Lancée en mai 2021 à l’initiative de Levens Hall (Grande-Bretagne) et de l’EBTS
(Association Européenne pour l’Art Topiaire et le Buis), la journée mondiale de la topiaire a pour but de mettre en valeur cet art méconnu, qui consiste à conduire le végétal de manière à dessiner des formes, des plus géométriques aux plus fantastiques.
Si le mot d’origine grecque « topiaire » désigne d’abord les fresques représentant
des jardins aux compositions idylliques, il désigne chez les romains celui qui est
chargé d’entretenir et de façonner les jardins d’agrément inspirés de ces représentations peintes. ”Topiarius” est alors la main qui fait le lien entre une beauté végétale stylisée et sa mise en œuvre, principalement par la taille, avant de définir la technique elle même, à laquelle le buis se prête tout particulièrement.
Poussée à l’extrême dans la géométrie des jardins à la française du XVIIe siècle, qui ont profondément marqué cet art, la topiaire connaît un renouveau éclatant à la fin du XIXe siècle, lorsque ses formes se réinventent, en réaction à l’esthétique corsetée du temps de Louis XIV. C’est précisément en ce sens que Julien de Cerval entreprend de renouveler ses jardins de Marqueyssac dans les années
1860, préférant façonner les centaines de milliers de buis qu’il fait planter, en s’inspirant des courbes harmonieuses du paysage, instaurant un véritable dialogue entre nature domestiquée et nature sauvage.
Aujourd’hui, comme en témoigne la fabuleuse aventure des restaurations
de Marqueyssac, nous ne pouvons que constater un goût renouvelé pour cette
forme d’art du jardin et son expression créative. Ainsi, des parterres classiques du
bastion aux arabesques Belle Époque qui font notre renommée, jusqu’à la création
résolument contemporaine des blocs qui composent le Chaos, Marqueyssac est
un véritable conservatoire de l’histoire de l’art topiaire auquel nous consacrons cette
journée exceptionnelle.